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Diversité corporelle: l’histoire de Nadia

Diversité corporelle: l'histoire de Nadia #30couleurs

En quoi le sujet de la diversité corporelle est important pour vous?

La diversité, qu’elle soit corporelle ou d’un autre ordre, m’interpelle surtout depuis la naissance de ma fille aînée Ariane. Elle a vécu sa première hospitalisation à l’âge de trois mois. Plusieurs hypothèses diagnostiques se sont succédé, mais ce sont celles de l’albinisme oculaire, du TDAH et de l’autisme qui sont restées.

Avant la naissance de ma fille, je n’avais pas la même vision. Je travaillais comme acheteuse dans le milieu de la mode, donc j’accordais beaucoup d’importance à l’apparence. Principalement la mienne. Je dépensais beaucoup d’argent chaque saison pour des vêtements, des accessoires, du maquillage, diverses crèmes, etc. L’un de mes contrats de travail stipulait que lors de mes rencontres professionnelles avec des fournisseurs je devais absolument être soigneusement peignée, maquillée et porter les vêtements en vente dans les boutiques de la chaîne de commerce de détail pour laquelle je faisais les achats. Aucun vêtement plus grand que la taille 13 n’était disponible dans ces boutiques; donc je savais que je devais maintenir mon poids.

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 Quelle était votre relation avec votre corps pendant l’adolescence? Au début de votre vie de jeune adulte? Maintenant? 

Dès mes 16 ans, je mesurais 5 et 8, mais j’avais la prise de kilos assez facile. Je faisais de la natation durant mon heure de dîner, pas réellement pour rester en forme. Je brûlais des calories. Trop jeune, à la préadolescence, j’accordais beaucoup trop d’importance aux chiffres qu’affichait la balance. J’étais toujours dans les plus grandes de ma classe, donc mon poids n’était pas le même que celui de mes amies qui avaient une à deux têtes de moins que moi. Par contre, cette différence de grandeur ne me convainquait pas que les chiffres sur la balance pouvaient varier dans mon cas.

Au début de ma vie de jeune adulte? J’ai développé un trouble alimentaire. J’étais prédisposée puisque j’avais un TDAH non diagnostiqué. À certains moments, je me privais totalement de nourriture ou je me faisais vomir. Ensuite, je tombais dans l’extrême. Je dévorais tout ce qui me tombait sous la main. C’était compulsif. Je souhaitais combler un vide, mais dans les faits je ne faisais que m’enfoncer.

Maintenant?

Que de chemin parcouru depuis la jeune vingtaine! Ce fut un long processus et je crois que ma fille handicapée y est pour beaucoup. Mes priorités ont changé. Je n’accorde plus vraiment d’importance aux tendances. En fait, je n’ai aucune idée où nous en sommes à ce niveau-là cet automne. Plutôt que de suivre ces dernières, j’ai développé mon style. Il est en harmonie avec mes courbes et mon grand 5 et 8. Par contre, pour en arriver là, il faut bien connaître son corps, l’accepter et se faire confiance. Décider d’assumer son style, ne plus se le faire dicter par qui que ce soit, ça prend une bonne dose d’assurance.

 Quelle partie de votre corps préférez-vous et pourquoi?

Mon sourire. J’ai porté des broches pendant un an et demi, mais mes dents ne sont pas parfaites. En bonne TDAH, j’ai oublié plus d’une nuit de mettre l’appareil dentaire qui suit le retrait des broches. Au final, c’est une bonne chose. Rien n’est parfait dans mon visage; mes dents ne le sont pas non plus. Mais quand je souris, ce dernier s’illumine. J’oublie mes yeux cernés de maman qui ne dort pas assez. Je ne focusse pas sur mon acné qui va et vient selon la période de mon cycle menstruel, même si j’ai 35 ans. J’assume mes points de rousseurs. Même mes pommettes saillantes me dérangent moins.

 Pourquoi avoir choisi cette photo, qu’est-ce qu’elle représente pour vous?

Parce que je souris! (rires) Sérieusement, les gens qui ont l’habitude de lire mon blogue, croient que je suis une fille très sérieuse et même triste, mais non.

« T’es très énergique et drôle! Je ne te pensais pas comme ça! » C’est un commentaire que j’ai reçu lors de conférences et même ce week-end alors que j’étais à l’université dans le cadre de mes études sur le trouble du spectre de l’autisme.

Mais dans la « vraie vie », je ris beaucoup; l’humour occupe une grande place dans ma vie. Je pense sincèrement que c’est ce qui m’a gardé la tête hors de l’eau, même si ma vie était un véritable chaos!

Bref, la fille qui rit quand elle parle, qui a beaucoup d’expressions faciales ou d’intonation dans la voix : c’est moi. Ça attire un peu beaucoup l’attention. Une personne qui sourit est plus accessible; par contre, pour passer incognito, on repassera.

 Qu’aimeriez-vous dire à la personne de votre choix (vous ado, à un enfant, un adulte signifiant, un passant, etc.)?

J’aimerais dire à mes enfants qu’ils sont beaux, mais que le regard des autres n’a aucune valeur s’ils sont incapables d’avoir un regard franc sur ce qu’ils ont et ce qu’ils sont. Le regard des autres c’est nous-mêmes qui le traduisons. Si nous avons une mauvaise opinion de ce que nous sommes, l’approbation des autres peut devenir maladive. Si nous avons une bonne opinion de nous-mêmes, le regard des autres est plus facultatif.

La diversité, à tous les niveaux, a toute sa raison d’être et avec de la confiance, on peut l’assumer et en être fier. C’est ce que je souhaite leur transmettre.

Nadia Lévesque, blogueuse sur différentes plateformes

Et vous, quelle est votre histoire? 

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