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« Je suis chanceuse! »

Jeudi dernier, alors que je suis en train de donner mes coordonnées à un réceptionniste pour une consultation médicale sans rendez-vous, il me lance: « Je n’ai jamais entendu ça, ce nom-là! ».  Je lui réponds que c’est en campagne, au milieu de nul part.  Il enchaîne en disant: « wow, à la campagne, vous êtes vraiment chanceuse! ».  Je le regarde dans les yeux en lui répondant, oui, je suis chanceuse. « Ho!  Et vous le savez en plus? ».  Oui, mon petit monsieur, je le sais et je l’apprécie…   
Je suis retournée m’asseoir dans la salle bondée et méditant sur cette échange.  Oui, je suis chanceuse, ou étoilée, comme j’aime bien m’exprimer avec une copine, de vivre dans ce bel endroit.  Mais, s’il savait tout le reste, je ne sais pas s’il me trouverait si chanceuse que ça. S’il changerait de place avec moi.
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Des fois, la vie nous envoie comme un coup de fouet et en réalise qu’on n’est vraiment pas prêt pour passer de l’autre côté… Surtout quand un grand morceau de fer (8 pieds!?!) apparaît devant ton véhicule en sortant du tunnel de la 25! Il venait d’où? Aucune idée (d’en haut?), seulement la certitude que je n’étais pas prête pour le grand départ.

Là, Je me suis trouvée vraiment chanceuse…

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Il y a quelques semaines, j’avais demandé à mon chum s’il pouvait aller passer un week-end dans sa famille, avec les enfants, pour que je puisse me reposer et plonger dans la TO DO liste qui se pare de rouge de plus en plus.  Hier, c’était donc le grand jour, 24 heures juste pour moi, pour dormir, manger, aller aux toilettes, me laver et faire toutes ces petites choses librement avec lesquelles ont doit faire preuve de doigté et d’une grande organisation quand on est en famille. Voulant en profiter au maximum, je n’avais rien de planifier, aucun engagement, aucun r.v. de pris (même si mes épaules semblent soudées en un seule bloc).
J’ai finalement passé la journée avec mon papa.  Même si je savais que je bousillais une grande organisation (mon chum + ses parents + des attentes que maman soit reposée et que les corvées du week-end soient avancées), je n’étais pas capable de le laisser seul en sachant qu’il avait des besoin de soins, mais que ces derniers n’étaient pas encore organisés.  Nous sommes donc allés dévaliser la pharmacie en achetant des breuvages et des pudding de plusieurs saveurs pour lui offrir une alimentation plus adaptée à ses besoins.  J’ai même découvert que je pouvais épaissir non seulement son eau, mais aussi son petit verre de vin!  Si vous aviez vu ses yeux à sa première gorgée, il était tellement heureux.  
En soirée, j’ai reçu un appel de lui, j’ai eu beaucoup de difficultés à comprendre ce qu’il voulait me dire (même si je suis assez douée de ce côté, non?) jusqu’à je fasse un lien avec une de nos conversation.  Mon père, mon papa, m’appelait moi, sa grande fille, pour que je n’oublie pas de fermer toutes les portes à clés, même celle du sous-sol, comme j’étais seule pour la nuit, dans ma noire campagne.   Il s’inquiétait pour moi, alors que lui peut s’étouffer à chaque bouchée…  Je l’ai rassuré, les larmes aux yeux.
Mon papa se faisant chouchouter par le coiffeur
À ce moment, je suis sentie choyée, voire même chanceuse.

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