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Sortir du placard

Cette année, je vis une triple rentrée et je porte plusieurs chapeaux: maman, enseignante, thérapeute, etc… Fiston à la maternelle du village, Fillette à la même école que les deux dernières années et moi quelques kilomètres plus loin à faire briller les yeux de mes élèves.
Hier soir, de 17h00 à 19h00, les parents et les élèves de mon école étaient invités à une épluchette de blé d’inde histoire de casser la glace, de rencontrer le personnel et de créer des liens. C’est en train de devenir une tradition très appréciée du milieu.
Les membres de l’équipe-école y venaient accompagnés de leurs enfants et conjoints. Personnellement, j’avais plus ou moins le goût d’y aller. Encore moins avec mes enfants et surtout pas toute seule avec les deux.
Mais, comme il arrive parfois de ne pas faire ce que l’on veut, je me suis retrouvée à y aller avec mes deux trésors, sans Papabooh qui est dans une période intense de travail. Après un aller-retour à la campagne, sans même avoir le temps de prendre une douche, nous sommes arrivés à la fête.
Mes enfants étaient heureux et excités de m’accompagner. Mon coeur de maman aussi l’était. Mais ma tête de prof, elle, imaginait la scène: Fiston éclate, il hurle tellement fort que TOUT LE MONDE ARRÊTE DE PARLER, DE MANGER ET NOUS REGARDE!!!! Un peu comme chez IKEA l’année dernière ou quelques fois à Ste-Justine lors des derniers r.-v.. Malaise.
Ouf!!! Moi qui transpire facilement, ça me coulait le long de la colonne! Le pire, c’est que je savais que cela pouvait arriver, que ce n’était pas le fruit de mon imagination et que je n’aimerais pas ça, mais pas du tout. OK! Il faut sensibiliser les autres, montrer qu’on est humain, etc… Mais, hier, ça ne me tentait pas. J’avais ma journée dans le corps, c’était assez.
Finalement, grâce au merveilleux parc-école, au maïs que mes enfants adorent, à la barbe à papa, aux petits jus, à la superbe organisation de mes collègues et aux bénévoles, ça c’est bien passé. Il y a eu des petits moments un peu plus intenses, mais en gros, mes enfants étaient contents de rencontrer mes amis et vice-versa!
Quand ce fut le temps de quitter, Fiston ne voulait pas partir, mais j’ai commencé à marcher avec d’autres collègues et il a suivi en grognant derrière. La baboune a duré quelques minutes, puis nous sommes partis, collés (vive la barbe à papa rose!), sales, fatigués et surtout, contents tous les trois.
Plus les enfants vieillissent et plus les différences sont grandes. Hier soir, je suis sortie du placard. Ça faisait parti de mon travail, dans le fond de mon coeur, j’avais le goût d’y aller, mais j’avais la chienne… J’ai même failli invoquer une raison obscure pour m’absenter et j’avoue que j’ai souhaité que ça tombe à l’eau plusieurs fois (ils annonçaient de la pluie!).
Hier soir, j’ai osé. Et j’ai aimé. Beaucoup. Merci.
Note: dyspraxie verbale et motrice, dyphasie, TAC, TDAH et trouble d’opposition sont invisibles. Mes enfants sont beaux, plein de vie, curieux et intelligents. Mais, ils ont aussi ces petits plus. Au quotidien, on vit un peu dans notre bulle, puis, des fois, on ose…

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