2

Torture

La semaine dernière, fillette a eu un petit accident… La porte d’un restaurant s’est fermée sur son gros orteil en coupant le bout et en abîmant l’ongle. Avec des serviettes de papier, j’ai fait une pression et j’ai demandé des pansements et de quoi désinfecter.
C’était difficile d’évaluer les dégâts avec une cocotte hyposensible qui ne voulait pas rien savoir et surtout ne pas manquer quelques minutes de jeux. Les jours suivants, nous avons mis des bas et j’ai trouvé des sandales avec des bouts fermés pour protéger son « bobo ».
Deux jours plus tard, avec des bas, nous sommes retrouvés avec d’autres amis pour jouer dans les balles et les modules et Fillette est revenue avec un bout de pied en sang (il y en avait partout, sur tous les vêtements des amis, par terre, etc..). Quand j’ai regardé, la moitié de l’ongle pendait… Ça m’a fait tellement mal. Mal pour elle, mal à mon coeur de maman, en ayant en tête des films et des lectures où arracher des ongles étaient une forme de torture.
Dans ma jeunesse, étant sauveteur, j’aimais beaucoup soigner les plaies, mettre des points de rapprochement, j’étais même très douée. Je gardais mon sang froid, j’apportais réconfort et sécurité aux blessés. Comme maman, je suis nulle. Je suis encore efficace sur le moment, mais après, je « crash »… J’ai quand même dû couper l’ongle qui pendait.
Depuis, le « bobo » guéri bien, mais moi, j’ai la désagréable impression d’avoir torturée ma fille. J’ai mal, mon « bobo » au coeur me fait souffrir. Entre un sentiment d’injustice, la frustration, la colère et la peine, j’ai de la difficulté à me situer. Je sais que cet accident est relié à la dyspraxie, que je dois surveiller Fillette au cas où elle ferait une crise d’épilepsie, que je dois aussi lui offrir une vie normale, alors que sa réalité ne l’est pas. Que je ne dois pas oublier son petit frère, son papa et… Moi-même.
Et comment être vigilante sans tomber dans l’anxiété? Le savez-vous?

Vous pourriez aussi aimer

Pin It on Pinterest

Share This