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Recevoir un diagnostic à l’âge adulte, ça ne change pas le monde, sauf que… #TDAH #jeudiconfession

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La
pomme ne tombe jamais loin de l’arbre
comme dit l’adage. Le genre de phrase toute faite qui
m’embêtait étant plus jeune. Faut croire qu’en vieillissant, on change notre
façon de voir les choses. Et de les comprendre.
tdah adulte Julie Philippon
Moi, quand mon cerveau bouillonne trop!

Lisez « TDAH chez l’adulte, 20 signes qui ne trompent pas », ici!

Pour un article, on me
demandait une photo de moi étant jeune et mercredi après-midi, j’ai passé au
travers plusieurs boîtes de photos. Premièrement, j’ai remarqué que j’étais
souvent derrière la caméra et/ou en action, la bouche croche !
Plongée dans mes
souvenirs, j’ai essayé de me rappeler comment cela se passait pour moi, mon
attitude, mon caractère, mes relations, etc. Quelle petite fille j’étais,
comment j’ai vécu mon primaire puis mon secondaire et enfin mes études supérieures.

Enfin, je me questionne, depuis quand j’ai un TDAH ?

Officiellement, depuis
mes 40 ans. J’ai eu mon diagnostic quelques semaines avant le décès de mon
père, j’ai même commencé une médication le jour de son départ. Ça a donc pris
un peu de temps avant d’associer les changements positifs à la prise de
psychostimulants alors que je vivais une tempête intérieure, épuisée par cette
charge émotive qu’on vit lorsqu’on accompagne un mourant.
J’ai toujours été une
personne vive, qui a mille idées, qui parle, jase, questionne, griffonne, se
passionne, etc. À la maternelle, je racontais des histoires aux autres amis, en
6e année, je remplaçais la secrétaire lorsqu’elle était absente. En
secondaire 5, j’étais dans presque tous les comités de l’école.

 Recevoir un diagnostic à l’âge adulte #TDAH Julie Philippon
Pour lire mon témoignage dans un article dans LaPresse+, cliquez ici
Je ne connaissais pas la
fatigue, « The Sky is the
limit 
» ! J’avais des bonnes notes, je n’étais pas vraiment
tannante, juste un peu « dérangeante » peut-être ? J’avais de la
difficulté à lever la main AVANT de parler. Je perdais pas mal tout, j’avais de
la difficulté avec les délais (remettre les travaux aux bons moments) et quand
les factures ont commencé à rentrer, c’est devenu plus complexe. Le
temps ? L’espace ? L’argent ? Trois notions abstraites pour moi.

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J’ai commencé à
travailler à 11 ans les étés, à 14 ans, je vendais des ballons gonflés à
l’hélium aux marchés au puces les week-ends entre les cours de natation. Chaque
nouveau projet, bourse, stage, etc. était un prétexte pour voyager, vivre de
nouvelles expériences, aller voir ailleurs.

Étais-je si différente des autres enfants ?

Je ne le croyais pas.
Peut-être finalement. J’avais beaucoup d’énergie, j’étais une petite tornade,
curieuse, qui aimait la vie et qui voulait toujours en apprendre plus, en
découvrir encore et encore. De bonne humeur, mais terriblement sensible, ô si
sensible j’étais et je suis toujours. Animée aussi pas des peurs, peur de
décevoir, peur des conflits, peur de la chicane, peur des conflits, peur
des gens colériques ou agressifs.
Étais-je si
différente? Mais ne nous le sommes pas tous?
Ces peurs venaient avec
des mécanismes de défense pour me protéger. Aller au-devant des attentes pour
ne pas décevoir, ne pas recevoir de « non », de rejet, etc. Penser à
tout, avant, pendant et après. Anticiper. Compenser encore. Adapter. S’adapter
encore et encore. Vive la créativité !

40 ans, est-ce
que c’est trop tard pour recevoir un diagnostic?

Mes enfants ont
eu leurs diagnostics vers 7 ans. J’ai commencé à me questionner en même temps
que je remplissais les questionnaires lors des évalutions. Pourtant, je
connaissais déjà les grilles de Conners
pour les avoir complétées plusieurs fois pour mes élèves.
Une amie avec qui
j’ai travaillé longtemps m’a aussi pistée, nous formions une équipe de
feu : elle était rigoureuse, travaillante, organisée, responsable, ponctuelle
et moi, j’avais les idées, j’étais toujours partante et enjouée, prête à créer
de nouveaux projets. Je suis une vraie boîte à idées! Ça n’arrête pas.
 #TDAH #adulte Julie Philippon
Quand j’ai lu le
livre, Mon cerveau a
encore besoin de lunettes
, d’Annick Vincent,  j’ai eu une révélation : je me suis
reconnue, j’ai fait des liens et j’ai compris. Ô que j’ai compris tellement
d’affaires.
Les premières
fois que j’en ai parlé avec mon docteur, j’ai mille raisons d’être distraite,
de manquer de concentration, perdre des objets, oublier des détails, des
rendez-vous, des choses importantes, avoir de la difficulté à prendre des
décisions, etc.
J’accompagnais
mon père malade, qui avait la SLA,
j’étais prise en sandwich entre les besoins de mes enfants (qui ont plusieurs)
et ceux de mon père, comme sa seule proche aidante.

C’était beaucoup
trop et assez pour avoir des symptômes similaires au TDAH, la dépression et la
fatigue. Quand l’état d’urgence qui m’habitaient un peu, j’ai finalement fait
les évaluations et j’ai reçu mon diagnostic.

Qu’est-ce que ça
change de savoir?

Ma première
réflexion? J’ai un TDAH, je ne suis pas « juste pas bonne » parce que c’est ce qui
blesse le plus, de ne pas arriver à fonctionner comme on le devrait, ça te vide
une estime de soi, c’est incroyable.
Pourquoi? Parce
que comprendre, c’est tellement important, c’est la base. Et quand on comprend,
ça n’excuse pas, mais ça explique, on peut alors passer à l’action, faire des
changements, réfléchir, observer puis s’enligner.

Et que c’est ce
qui fait toute la différence, j’ai un problème? Ok, maintenant que c’est clair,
que ça porte un nom, je fais quoi? Je m’organise, je trouve des trucs et des
stratégies et surtout, je les applique. Quelles soient chimiques (médication)
ou physiques (ex. utiliser un planificateur), je m’outille pour aller mieux! Puis
je me pardonne, j’essaye d’être bienveillante tout en sensibilisant mon
entourage, une autre étape vers l’acceptation.

Recevoir un
diagnostic à l’âge adulte, ça ne change pas le monde, sauf que ça permet de
mettre un nom sur un bobo et surtout d’aller mieux!

Qu’en pensez-vous? 
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