4

Une histoire de…bottes et de sabotage!

Mardi dernier, j’ai eu la chance de revoir une amie avec qui je suis allée à l’école pendant 2 ans dans un collège de Montréal, il y a 30 ans. Nous avions rendez-vous dans un café pour un projet spécial pour le travail (je vous en reparle dans quelques semaines).

Il commençait à neiger doucement quand je suis partie.

Il faisait froid. J’hésitais entre mettre de bonnes bottes chaudes ou de belles bottes. En fait, j’avais eu de la difficulté à choisir comment m’habiller, comment me coiffer, incapable de faire des choix, envahie de questions.

J’avais peur

Même si je gardais un excellent souvenir de mon amie, il datait d’une époque douloureuse, celle de la séparation de mes parents, alors que l’image et l’apparence prennent tant de place chez les adolescents, nous avions quitté notre maison confortable de banlieue pour un petit appartement sur le bord de l’autoroute pendant l’été avant ma rentrée au secondaire.

D’élève forte et populaire au primaire, j’avais presque deux ans de retard en arrivant là-bas et la transition fut brutale. Avec du recul, probablement que j’aurais aussi eu besoin d’aide pour passer à travers les épreuves que je vivais, avec les hormones, trop de chocs en même temps pour la jeune fille que j’étais.

J’avais peur d’être jugée sur celle que j’étais à l’époque, une Julie que j’avais moi-même mise de côté.  Pourtant, mon amie était une bonne personne, intelligente, vive ayant un excellent jugement et beaucoup de coeur. Et elle l’est toujours.

Nous sommes arrivées presque en même temps. Elle n’avait presque pas changé! J’étais très heureuse de la voir. En la serrant dans mes bras, je lui ai lancé, comme ça, « je ne suis pas chic, j’ai mis mes grosses bottes ».

Un beau cadeau

À la fin de notre rencontre, on a jasé de tout et de rien, on a regardé les photos de nos enfants, fait le tour rapide de nos vies et je ne sais plus comment cela est sorti, mais j’ai dit que j’avais toujours un manque de confiance en moi, que je me bloquais parfois des avenues moi-même, etc.

Et là, mon amie que je n’ai pas vue depuis 30 ans m’a dit: « Julie, quand je t’ai vue, je te trouvais belle avec tes cheveux rouges, je n’ai jamais regardé tes bottes et je n’ai pas compris quand tu m’as dit ça ». Elle avait bien raison. Pourtant, moi, j’ai compris.

J’ai compris que je venais de me saboter.

Que trouvant moi-même mes grosses bottes laides, j’ai tout de suite affiché mon « problème » pour ne pas qu’on me le reproche. Alors que dans les faits, je n’avais pas de problème, que j’avais simplement fait un choix en lien avec la température, mais que je manquais de confiance ou d’assurance pour l’afficher m’appuyant sur de fausses croyances.

Quel beau cadeau m’a fait cette amie!

Là, je dois prendre soin de mon coeur.* De moi. De ma personne. De mon estime personnelle en affrontant mes démons et mes peurs, en me parlant, en me pardonnant, en étant douce et bonne pour moi aussi, pas juste pour les autres. Ça suffit le sabotage!

Je suis repartie le coeur plus léger, dans la tempête, heureuse d’avoir choisi mes grosses bottes parfaite pour cette température avec un élan nouveau, exactement ce dont j’avais besoin en ce début d’année.

Vivez-vous bien avec le passé? Vos souvenirs? 
Êtes-vous bons pour vous? Avez-vous des trucs?

* Depuis novembre, je prends même soin de mon coeur en avalant, trois par jour, un médicament pour calmer mon coeur, pour une infection virale qui a attaqué ma glande thyroïde, mais qui affecte tout mon corps. C’est un peu ironique que de devoir prendre ces comprimés tout en réalisant que je dois aussi prendre soin de l’autre coeur, celui qui nous anime, avec lequel on aime, non?

Vous pourriez aussi aimer

Pin It on Pinterest

Share This