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Aider? Aimer? Mais, à quel prix?

Les dernières semaines,  j’ai été très occupée et préoccupée par mon père…  Je remarque que la maladie progresse, qu’il souffre plus, qu’il a besoin de plus de soins et d’attention.   Je le sens plus fragile, plus absent.

J’ai mis beaucoup d’énergie pour lui trouver un collet pour l’aide à supporter sa tête, lui offrir un outil de communication (en collaboration avec le centre de réadaptation) et des nouvelles lunettes en plus des séance de massothérapie hebdomadaire.

Malheureusement, lors de mes dernières visites, j’ai remarqué que:

  • mon père n’aime pas porter son collet
  • il ne veut pas utiliser son iPad pour communiquer ni avec moi, ni  avec le personnel du CHSLD
  • il n’aime pas ses nouvelles lunettes
  • il est faible, il est mal rasé, il a perdu du poids, 
  • je le comprends de moins en moins et lorsqu’il m’écrit, c’est aussi difficile de comprendre le sens de son message.

Mon père a écrit: « Mon douleur a mon cou ».

De plus, j’ai appris que:

  • même si nous payons pour un service de buanderie, mon père, fait lui-même son lavage et ses vêtements sont de plus en sales alors qu’il a toujours été très propre et fier de sa personne.
  • mon père refuse de se faire couper et laver les cheveux, ça fait deux fois qu’il retourne la coiffeuse qui venait juste pour lui.
  • il souffre de plus en plus, j’ai demandé qu’on lui donne un médicament dont il avait déjà une prescription (du Dilaudid), l’infirmière en chef est venue valider, m’expliquant les pour et les contre et alors que je le quittais pensant qu’il était pour être soulagé, il n’a pas rien reçu.
J’ai l’impression que je mets plein de choses en place pour l’aider et le soulager, parce que je l’aime, mais que ça ne donne rien.  Je ne peux pas le forcer, ni l’obliger.
C’est difficile à vivre quand on est une fille d’action, que l’on ne sait pas si on fait bien, si on devrait en faire plus, alors qu’en fait, on sait qu’on ne peut pas plus, qu’on a atteint une certaine limite.
Lundi dernier, il m’est arrivée un incident… 
J’ai fait une grosse gaffe, quelque chose qui aurait pu être dramatique.  Je vous en reparlerai dans quelques jours, mais je retiens que c’était en même temps un signe de fatigue, que j’en ai trop sur mes épaules. 
Je dois lâcher prise. 

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