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Apprendre le lâcher prise: un essentiel dans la vie de parent

Lâcher prise, c'est prendre soin d'être suffisamment bienveillant envers soi pour se pardonner d'être imparfait.

Quand mon deuxième est né, à travers tous les défis que je vivais par rapport à l’acceptation de son diagnostic, je me suis souvent fait dire de lâcher prise. Ça me frustrait tellement! Je n’étais pas prête à le faire. Je ne comprenais même pas ce que ça voulait dire réellement. L’anxiété prenait tant de place que j’étais incapable de me rendre compte de mon état.

Je réalise maintenant tout le chemin que j’ai parcouru en presque 5 ans et j’ai décidé de faire un billet sur le lâcher prise justement. Parce que je veux montrer que ça se peut, même si ça prend du temps.

Anecdote pas drôle

Hier, en sortant de la garderie toute seule avec mon 2 ans et mon presque 5 ans, j’ai eu peur. Les deux garçons marchaient sur le trottoir glacé devant moi. Il fallait faire bien attention et marcher doucement, mais mon fils de presque 5 ans ne comprend pas ça « doucement ». En fait, il a absolument aucune notion de danger. Il vit dans l’instant présent. Les conséquences, il ne sait pas ce que c’est. En tout cas, pas vraiment.

Une détermination aveugle

Son but, à lui, c’était de se rendre à l’auto. Il ne s’est donc pas arrêté quand je lui ai crié de m’attendre à la fin du trottoir. Quand je lui ai dit de faire attention à la voiture qui s’engageait dans le stationnement, il ne s’est pas retourné. Il se dirigeait vers notre véhicule, aveugle et sourd (eu sens figuré, là) à toutes les autres choses qui se passaient autour. Je me suis dépêchée autant que j’ai pu pour attraper mon mini en dessous de mon bras et rejoindre mon fils qui était finalement arrivé à l’auto.

Il n’y a pas eu d’accident. Heureusement, la conductrice allait assez lentement pour freiner à temps sur la glace. Il n’y pas eu de conséquences graves et on en est très chanceux.

Pas de conscience du danger, mais une intelligence émotionnelle hors normes

Je me suis accroupie près de mon fils et je lui ai expliqué simplement que maman avait eu très peur, qu’il fallait arrêter quand maman disait stop. Que pour traverser le stationnement, il fallait tenir la main d’un adulte. Que l’auto aurait pu lui faire un gros bobo. Lui, il ne comprenait pas. Il n’avait rien vu de tout ça. Mais il voyait mon émotion. Pour lui, à ce moment-là, c’est tout ce qui comptait. Il m’a donc demandé si j’étais triste et si je voulais un câlin. Il m’a serrée fort contre lui et m’a caressé les cheveux derrière la tête. C’était le plus beau câlin du monde, comme lui seul sait en faire.

Faire descendre la pression doucement

Je suis arrivée à la maison avec les cocos. On s’est assis pour regarder la télé ensemble. On a ri en regardant Passe-Montagne rouler en gros camion et en voiture électrique. Les faces qu’il faisait étaient drôles, les pancartes étaient drôles. Comme tous les soirs, mais particulièrement hier, j’ai dit plusieurs fois à mon fils que je l’aimais. Je l’ai serré fort dans mes bras. Je l’ai couché et je lui ai dit bonne nuit.

Ce matin, quand on est arrivé à la garderie, j’ai dû stationner l’auto à la même place qu’hier. Je lui ai demandé de m’attendre, le temps que je détache son petit frère. Il est resté près de moi, sans bouger. Quand on est partis vers le trottoir, je lui ai demandé de tenir ma main. Il me l’a donnée et on a marché tranquillement ensemble, sans chichi. Ça n’aurait pas pu aller mieux.

Mon fils vit dans le moment présent. Je ne crois pas que l’aventure d’hier lui ait donné une leçon. Aujourd’hui, ça s’est bien passé parce que j’ai essayé de rester le plus calme possible. J’ai essayé de lâcher prise sur l’expérience d’hier. De voir ça à travers ses yeux à lui.

Ce que j’ai compris du lâcher prise

Lâcher prise, ça ne veut pas dire tout laisser aller et tout laisser passer. Ça veut dire prendre les choses une à la fois, comme elles viennent. S’autoriser la douceur et la lenteur.

J’aurais pu le punir, mais ça aurait donné quoi? J’aurais pu être stressée aujourd’hui, mais ça aurait donné quoi? Lâcher prise, c’est ça aussi. Ne pas agir pour rien. Ne pas dépenser de l’énergie pour des choses inutilement.

S’autoriser à vivre des émotions

Quand on vit une situation stressante, bien sûr qu’on a le droit d’être ébranlé. Je l’ai été, beaucoup. Tous les « et si? » qui m’ont traversé la tête dans la situation d’hier. Dans mes scénarios, je me suis fracturé le crâne, mon fils de deux ans courrait lui aussi. Les deux enfants se faisaient frapper et personne n’arrivait à joindre mon mari. Mais rien de ça ne s’est produit. Rien de tout ça.

Pardonnez-vous d’abord. Libérez-vous du besoin de rejouer une situation négative encore et encore dans votre esprit. Ne devenez pas l’otage de votre passé en relisant et revivant vos erreurs. Ne vous souvenez pas de ce qui aurait dû, aurait pu ou aurait été. Relâchez-la et laissez-la aller. Avancez. – Les Brown

Se pardonner ses limites

Qu’est-ce que j’aurais pu faire de plus pour éviter l’incident d’hier? Réellement?

  • Prendre mon fils dans mes bras en sortant de la garderie? Oui, mais est-ce que ça peut être fait tout le temps? Et avec la glace, ça aurait été très dangereux.
  • Le tenir par la main? Oui, mais le trottoir est à peine assez large pour une personne avec toute la neige, comment ça aurait été possible?
  • L’attacher avec un harnais? À presque 5 ans, avec sa force, je crois que ça serait plus dangereux qu’aidant.

Honnêtement, j’ai beau regarder ce que j’aurais pu faire dans l’immédiat et rien n’est une solution aidante à court, moyen ou long terme. Je dois me rendre à l’évidence que j’ai fait de mon mieux dans les circonstances avec les moyens et les connaissances que j’avais. Je suis une humaine et j’ai mes limites. Et pour ça, je me pardonne.

Essayer de se mettre à la place de l’autre et chercher des solutions à sa mesure

J’ai essayé de me mettre dans la tête de mon fils. Est-ce qu’il a fait ça d’une façon malveillante? Non. Il a voulu être autonome. Ça aurait pu avoir des conséquences très graves. Loin de moi l’idée de prendre ça à la légère. J’ai déjà contacté notre TES. Je lui ai parlé d’un scénario social qu’on pourrait créer pour ça. Puisque mon fils mettra encore du temps à comprendre le danger, je lui ai aussi demandé si on pouvait faire une demande pour une vignette de stationnement pour handicapé. Je pense qu’avoir une place de stationnement privilégiée pourrait faire une différence dans notre vie.

J’ai donc utilisé l’expérience d’hier pour appuyer certaines demandes auprès de nos ressources. Dans la mesure du possible, j’essaie de mettre en place des choses qui pourront prévenir un accident. J’essaie aussi d’être bienveillante envers moi-même et de prendre sur moi uniquement ce que je peux contrôler. Ni plus, ni moins.

Arriver à lâcher prise

Je ne crois pas que ce soit quelque chose de facile à faire. Je pense qu’un jour, on y arrive, simplement, instinctivement.

Lâcher prise devient une façon de faire plus douce. Ça vient quand on arrive à comprendre où sont nos propres limites. Accepter qu’on ait des limites n’est pas facile non plus. C’est donc tout un défi aussi. C’est accepter qu’on soit imparfait et faillible, qu’on ait besoin d’aide, qu’on ne puisse pas tout contrôler. Ce sont beaucoup de choses à accepter. Il est normal de mettre du temps à y parvenir.

Quand on y arrive par contre, c’est tellement plus doux!

Arrivez-vous à lâcher prise? Y a-t-il des situations où vous avez de la difficulté à le faire? Quels moyens mettez-vous en place pour y arriver?

Karine Guy d’Atypiquement Parfaite

Collaboratrice pour Mamanbooh

Pour en savoir plus:

10 trucs pour s’aider à lâcher prise sur Atypiquement Parfaite

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