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Ma vie comme un jeu de Tetris: j’ai peur d’être éliminée. #anxiété

Mes parents étaient très différents, il y avait mon père d’un bord, un comptable stéréotypé, avec des bas bruns, qui a toujours travaillé au même endroit, qui plaçait ses boîtes de conserve en ligne et inscrivait immédiatement sur une liste s’il venait d’en prendre une.

Mon père: la stabilité incarnée, solide, prévisible et routinier. Sur qui on pouvait toujours compter.

De l’autre bord, ma mère qui a, plus d’une fois, brisé les tabous en allant de l’avant: c’est elle qui a laissé mon père alors qu’autour de nous, il n’existait que le modèle de familles nucléaires (début des années 1980). Elle a changé plusieurs fois d’emplois, elle est retournée aux études aussi souvent, elle a laissé l’enseignement en 1982, alors que suite aux négociations, on lui offrait une tâche en anglais quand elle-même ne parlait pas cette langue. Elle a acheté et rénové sa première maison toute seule.

Passion et de liberté me viennent en tête lorsque je pense à ma mère et à tout ce qu’elle a accompli.

Peut-on se divorcer de soi-même?

Puis au milieu, il y a moi. J’ai hérité des deux, je suis un bon mélange. Habituellement, je vis assez bien avec cette dualité, sauf en grandes périodes de questionnement. Malheureusement, je ne peux pas faire comme mes parents, même si c’était la meilleure solution pour eux à l’époque: je ne peux pas divorcer de moi-même.

Alors, j’analyse, je réfléchis, j’envisage tous les scénarios possibles pour essayer de prendre LA bonne décision. Celle qui aura le moins de conséquences négatives. Celle qui fera le moins de vague. C’est qui dérangera le moins mon entourage, ma famille, mes enfants, mon couple et…moi-même.

En fait, je me retrouve paralysée par la peur. Après quelques jours, je dors mal, j’ai mal au coeur, j’ai des vertiges et je l’avoue, je n’ai pas bonne mine. Si j’ai l’occasion de parler de ce qui me tracasse, immanquablement, les larmes viennent et elles coulent.

Ma gorge se serre.

Je ne suis pas capable de rien faire.

Tout devient une montagne.

Je doute, je perds confiance, je désespère et je vois noir.

Comme dans un jeu de Tetris

Je suis incapable de faire un choix, j’ai trop peur de ne pas faire le bon et de me retrouver éliminée, comme dans un jeu de Tetris. J’essaye de placer toutes mes blocs de la meilleure façon possible, mais je n’ose pas peser sur le bouton, alors je les mélange encore et encore. Je fais plusieurs scénarios.

« Tetris met le joueur au défi de réaliser des lignes complètes en déplaçant des pièces de formes différentes, les tétriminos, qui défilent depuis le haut jusqu’au bas de l’écran. Les lignes complétées disparaissent tout en rapportant des points et le joueur peut de nouveau remplir les cases libérées.  » –– Wikipédia Wikipédia

Et plus le temps avance, et plus de blocs s’ajoutent à ceux qu’on doit placer. Le hic, c’est qu’on ne peut gagner, il n’y a pas de fin. Je me retrouve même affecté par l’Effet Tetris.

Comment passer au travers cette période difficile?

Je suis exactement dans une de ces périodes.  Et pour mettre mon cerveau à OFF, justement, je joue à Tetris et à d’autres jeux similaires, qui m’empêchent de trop penser, ça devient même obsessif. C’est comme une façon de passer le temps, sans que ça fasse trop mal.

« Le jeu n’a pas de fin : le joueur perd la partie lorsqu’un tétrimino reste bloqué en haut. Il doit donc résister le plus longtemps à la chute continue des tétriminos, afin de réaliser le meilleur score. » 



Je suis bien entourée. J’ai les outils pour m’aider. Pour ne pas perdre les pédales, ce que je ne souhaite pas, mais absolument pas. J’essaye donc de sortir de ma zone de confort (qui pour le moment ressemble plus à une grosse grotte sombre) et faire la part des choses en parlant avec des proches, en faisant des listes, en consultant, etc.

« Tetris répond parfaitement à la définition du meilleur en matière de jeu : une minute pour l’apprendre, une vie entière pour le maîtriser ». –Bill Kunkel, journaliste



Malgré tout, la seule image qui me revient, c’est ce jeu de construction, je vois les blocs et je les baptise, je les mélange, j’en ajoute, j’en enlève et j’ai l’impression de tourner en rond, d’être dans un cercle vicieux.

En fait, en ne prenant pas de décision, je résiste. Je passe par toutes les étapes du deuil (avant même de le vivre): la colère, la tristesse, l’acceptation, la recherche de solutions, etc.

Enfin, l’analogie au jeu de Tetris est bonne en tout temps lorsque nous sommes parents, jongler avec les horaires, les besoins (et parfois mêmes désirs) de tous les membres de la famille, c’est en soi, un vrai jeu de construction. Par contre, contrairement au premier, il n’y a pas de perdant, juste de multiples modèles en constante évolution.

Et vous, comme vivez-vous les périodes stressantes de votre vie? Avez-vous l’impression que votre vie ressemble aussi à un jeu de Tetris? Comment vous faites pour passer au travers sans perdre trop de plumes?

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