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Merci vendredi – merci Fiston!

Ce petit bonhomme qui va avoir bientôt 4 ans, je sais exactement quand il a été désiré et conçu. Sa période intra utérine fut difficile pour la maman que j’étais, j’avais de terribles nausées et j’étais épuisée. Elle le fut sans doute pour lui aussi. Je n’ai pas vécu une grossesse de rêve comme nous le souhaitons toutes (et que j’ai eu la chance de vivre la première fois), mais j’ai plutôt été très préoccupée et angoissée par mon premier bébé qui fut hospitalisée.

J’ai tellement pleuré et dû être forte pour passer au travers ces moments difficiles que je me sens facilement coupable en pensant à mon petit homme et que j’excuse facilement sa détermination et son caractère (restons polis, je parle de mon fils quand même!) ne me disant que c’est probablement cette force qui l’a gardé bien au chaud jusqu’à 40 semaines.

Dès le moment où j’ai reçu ce petit paquet (moins de 7 livres) tout chaud sur moi, je suis tombée en amour avec mon petit homme. Nous avons une relation fusionnelle et il m’en fait voir de toutes les couleurs. En même temps, je partage déjà avec lui plein de passions comme les plantes, la nature, la nourriture et les fleurs et il me fait souvent penser à mon petit frère avec qui il partage témérité, énergie et vivacité (je suis toujours aussi polie et positive, hein?).

Curieux, il est intéressé par presque tout et il pose beaucoup de questions. Il adresse la parole aux passants, disant bonjour à tous et attendant souvent une réponse qui ne vient pas, généreux, il partage facilement. Au CPE, on l’appelle M.Sourire (surnom que j’ai déjà reçu sous forme féminine). Mais, il n’aime pas être contrarié ou avoir les mains ou les vêtement collés. Bon, j’avoue que personne n’aime ça, mais chez lui, ses réactions peuvent être très intenses, comme un petit volcan! Boum! Ça fait beaucoup de bruit et de fumé!

À son arrivée, j’avais bien peur qu’il soit malade comme sa grande soeur, mais heureusement, ce ne fut pas le cas. Même à 105 degrés, il ne faisait pas de convulsion fébrile, alors aucune épilepsie en vue. Très moteur et habile, à 9 mois, il déplaçait déjà une chaise pour monter au comptoir de la cuisine. À 24 mois, il ne parlait pas beaucoup, mais connaissait une quarantaine de signes pour communiquer. J’ai toujours eu la conviction qu’il avait peut-être un petit retard de langage, mais lui, il n’était pas dyspraxique.

Il y a quelques mois, il a commencé l’orthophonie au privée et depuis quelques semaines, il est évalué à Ste-Justine. Je faisais ces démarches pcq mon coeur de maman ne voulait pas négliger son 2e enfant en raison de toute l’énergie que demande la réadaptation de Fillette et aussi pcq j’avais dans le fond de mon coeur, très bien caché, un petit doute qui me rongeait.

Ces rencontres à Montréal ont été très difficiles autant pour lui que pour moi. De mon côté, j’ai eu droit à des méchantes grosses crises où je me sentais jugée, malhabile, incompétente et découragée à la fois alors que pour lui, il était confronté à ses propres limites et il s’épuisait en criant et frappant, perdant complètement le nord.

Puis, pour plein de petites raisons et surtout à cause de mon fils, j’ai fait preuve de créativité en regroupant mes connaissances personnelles acquises les dernières années, mes expériences professionnelles et surtout, en me faisant enfin confiance, j’ai trouvé ou adapté une façon de faire et hier, notre dernière rencontre fut… M.A.G.I.Q.U.E.

Magique parce que tu étais heureux et content d’être là, magique parce que tu as fais toutes les activités demandées, sans opposition, magique pcq j’ai enfin compris quand et pourquoi tu avais besoin d’une pause pour bouger et te changer les idées quelques minutes, magique pcq j’ai mis la peur du ridicule de côté et je n’ai même pas hésité à m’affirmer et même emprunter une voiturette pour te faire bouger le temps que tu en avais besoin.

Et enfin, ce que j’ai vu dans tes yeux, ton sourire et même tes épaules hautes et fières, c’était tellement précieux, beau et fort. Merci petit homme. Hier, aussi heureuse et fière, j’ai compris beaucoup de choses et j’espère garder en tête l’importance de me faire confiance et d’être créative dans la façon de reconnaître tes besoins à toi.

J’ai appris que nous allions probablement commencer des démarches pour toi aussi au centre de réadaptation pour ta dyspraxie verbale (hé! oui!), mais cette fois-ci, je sais où je m’en vais, je connais nos forces et nos limites et, j’ai confiance en toi, en nous*…

Alors, quand j’aurai l’impression que tu m’en fais voir de toutes les couleurs, je vais me répéter que dans le fond, moi, j’aime ça les arcs-en-ciel et que surtout, je t’aime Félix.

Merci vendredi, merci Fiston!

*J’ai aussi acquis une certaine expérience…

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