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« Arrête de faire ta bonne! »

Cette semaine, Nancy, des (Z)Imparfaites abordait ce sujet et j’y ai beaucoup réfléchi depuis…

D’une part, ce sujet m’interpelle comme maman qui a deux enfants de 19 mois de différence, mais qui, au niveau du développement, sont presque des jumeaux! Ils apprennent et font des découvertes presqu’en même temps.

D’une autre part, mes enfants ayant des troubles et des retards dans certains domaines, auront à vivre la différence et moi, comme parent, j’aurai à être moins exigeante (ou réaliste!) dans les apprentissages et les réussites des enfants. Ne pas comparer aux autres, mais plutôt à eux, d’un point A à un point B! En fait, on devrait toujours faire comme ça j’imagine, avec tous les enfants….

De plus, comme enfant, très tôt, j’ai justement appris à faire la bonne pour éviter les crises, les chicanes, les tensions et faire le moins de vagues possibles. Quand on est gentille, polie, qu’on sourit tout le temps, qu’on dit oui, qu’on rapporte que des bons résultats et de beaux commentaires, il y a moins de chance de réveiller le volcan qui dort.

Si en plus, nous sommes la grande fille, de 6 ans l’aînée d’un petite frère plein de vie, on essaye en tout temps de limiter les dégâts de la p’tite tornade, qui en faisait tout plein , croyez-moi! Quand les parents se séparent, alors la bonne fille fait des heures supplémentaires en essayant de remplacer tout le monde, d’apporter du réconfort à ses parents blessés, de devenir la personne signifiante pour ce petite frère insupportable qu’on adore.

À l’école, parce qu’on a de la facilité, qu’on est curieuse et qu’on s’évade dans les livres et les cours d’histoire, qu’on ne veut pas déranger et qu’on veut toujours avoir des bons résultats pour conserver ce climat de paix auquel on met tant d’énergie, on fait la bonne!

On grandit dans un sentiment d’urgence, continuant à performer, jamais capable de dire non et même de choisir. C’est incroyable toutes les choses que j’ai faites et essayées sans vraiment y avoir un intérêt personnel. Le pire, C’est que j’en étais bien inconsciente. Je sais que la bonne tombait certainement sur les nerfs de plusieurs, mais je ne faisais qu’appliquer mon mode de survie acquis bien jeune…

On fait la bonne au CEGEP, l’université, au travail, au syndicat, à la maîtrise… Puis, on devient maman, pendant la grossesse, on fait du yoga, de la natation, on lit tous les livres, on se prépare en faisant de notre mieux (ce qui est déjà un peu trop!), on travaille, on donne notre maximum partout, on accouche pas aussi naturellement qu’on avait prévu… On revient avec un petite paquet tout chaud, plein d’amour et encore une fois, sans de mauvaises intentions, on fait la bonne, on allaite malgré les difficultés praxiques de notre bébé, on fait toutes les purées maisons, bios, on suit des cours de bébé s’éveille, on écoute du « Baby Einstein », ect.

Puis, un jour, les difficultés commencent, bébé adorée est venue avec quelques extras, dont des premières crises d’épilepsie et encore là, on fait de notre mieux, de la seule façon que nous connaissons. On pourrait dire qu’on fait la bonne, mais en fait, on ne fait que ce qu’on pense qui est le mieux… Pas pour épater la galerie, juste pour passer au travers les épreuves et surtout parce qu’on ne sait pas dire non.

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4 ans plus tard, plein d’heures de thérapie dans la cravate, des pilules dans le gorgoton, des aventures incroyables vécues avec les enfants, le conjoint, les amis et tout ce que vous savez maintenant sur moi et ma petite famille depuis que je blogue, je ne pensais plus que je faisais la bonne

Bloguer pour moi, ce n’est pas faire la bonne, c’est seulement une tribune, une endroit où partager, donner des nouvelles, se poser des questions, réfléchir, passer au travers les épreuves, me donner la chance de nommer et décrire ce que je vis…Avec Mamanbooh!, je partage mes hauts (colorés) et mes bas (nombreux) avant tout pour moi. C’est agréable de savoir qu’on nous lit, qu’on commente nos écrits, qu’on fait du bien à certains. Je n’ai jamais pensé, ni voulu faire la bonne, du moins pas de façon consciente… C’est peut-être un plaisir vaniteux, mais pas très méchant et je souhaite continuer longtemps, bonne ou pas!
Pas question que j’arrête!!!

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