5

Témoignage d’une maman dyspraxique

Avec ce blog, j’ai eu la chance de rencontrer plein de parents dont une maman dyspraxique. Elle apporte une vision différente à mes connaissance et elle nous partage aussi son expérience personnelle avec ses commentaires. Je l’ai contactée par courriel et sa réponse fur tellement précieuse à mes yeux que je vous la partage avec sa permission. Pour votre information, elle demeure à Paris et nos filles portent le même nom: Camille.

Je connais les véritables implications du mot « dyspraxie » depuis peu de
temps… Ma mère (qui est pédiatre) m’a toujours dit « tu dois être
dyspraxique »…et puis .. rien !
Il faut dire que ma petite soeur est sourde profonde, donc captait
avec raison beaucoup d’attention !!!!!
Mes « trucs et astuces » ? déjà me dire que si je n’y arrive pas du premier coup, c’est
normal ! Puis après, beaucoup d’observations : par ex quelqu’un qui fait un
geste technique, je regarde comment sont placés ses mains, ses doigts, ses
jambes ….quelqu’un qui joue au tennis : son pouce dessous ou dessus de la
raquette, que fait son autre main ? ses pieds : écartés, parallèles, en canard …??
J’ai développé un bon sens de l’observation ! Décortiquer les gestes pour
les comprendre et se les approprier. Ne pas brûler d’étapes : pour couper du
carton (presque…) droit, je doit mettre plusieurs points intermédiaires,
refaire souvent les mesures. Accepter que ce soit un peu long, être fière de
moi quand ça ressemble plus à un rectangle qu’à un trapèze !
À l’école, quand j’écrivais avec un stylo à encre, j’essayais de toujours savoir
où étaient mes manches de pull, mon autre main : bon, de toute façon je
finissais la journée pleine d’encre (surtout sur le nez….) et des points
en moins sur ma copie pour cause de saleté … C’est pour cela que j’ai
banni les feutres de moi-même : c’est salissant, ça bave, ça ne se gomme
pas, quand 2 couleurs se mélangent c’est immonde… Vive les crayons de
couleurs !
S’exercer souvent mais si possible de façon ludique, pour faire
les noeuds par ex. (ta Camille est bien trop jeune encore !), la pâte à
modeler, la natation (très bon pour la coordination !), faire des nattes sur
une poupée avant de s’attaquer aux copines !Ne pas se donner de challenges
impossible, ne pas viser le 1er prix de dessin ou de sport ! mais
essayer de trouver du plaisir à barbouiller, à patouiller, à faire des
gâteaux par ex., à jouer sans règles ni contraintes (comme faire d’un
panier à linge un bateau !!! trop mignon !!).Je sais que je ne serais jamais
« bonne » en dessin, en couture ou en sculpture, je ne ferais jamais de
conférence (ma pensée va plus vite que ma bouche et tout s’embrouille …
puis j’oublie des mots et ils mettent quelques temps à revenir…), je ne
serais pas tenniswoman professionnelle, ni géométrie, encore moins pilote de
course ! Mais ça ne m’empêche pas d’admirer l’art, de
broder, de faire de la cuisine, de dévorer pleins de romans (je suis
bibliothécaire …), de chanter, de voyager, de jouer avec ma Camille !
Bon, cette acceptation ne s’est pas fait forcement facilement, mais i l faut arriver
à se dire « ça ce n’est pas pour moi » sans tristesse ! Essayer de nouvelles
pratiques sportives, manuelles … hors de toute compétition et challenge, je
sais ce n’est pas facile du tout pour les enfants en âge scolaire….mais tes
ballades en famille avec quelques rochers à escalader, c’est une vrai super
idée !
Étrangement (lol !) je hais la compétition, je ne cherche pas la
perfection mais le plaisir ! Chacun son rythme, ce n’est pas parce qu’on y
arrive pas tout de suite qu’on n’y arrivera jamais, cela ne veut pas dire
qu’on est bête non plus (c’est bien le problème des enfant dyspraxiques, il
sont pas du tout bêtes….) ! Ne pas juger sur la forme mais sur le fond…
Je sais c’est totalement utopique …. mais j’essaye faire passer ce message
à ma fille…Voila encore une tartine …..

A bientôt ! Bizzzz
à vous tous !
Sophie

Vous pourriez aussi aimer

Pin It on Pinterest

Share This